VIOLON

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VIOLON
VIOLON

«Or les beautĂ©s et les gentillesses que l’on pratique dessus sont en si grand nombre que l’on le peut prĂ©fĂ©rer Ă  tous les autres instruments, car les coups de son archet sont parfois si ravissants, que l’on n’a point de plus grand mĂ©contentement que d’en entendre la fin, particuliĂšrement lorsqu’ils sont mĂȘlĂ©s des tremblements et des flattements de la main gauche, qui contraignent les auditeurs de confesser que le violon est le roi des instruments.» Ainsi disait Mersenne, dans son Harmonie universelle , en 1636. Ces affirmations ont conservĂ© leur valeur; irremplaçable en musique classique, ayant supplantĂ© nombre d’instruments ethniques, adoptĂ© par le jazz et la pop music, le violon reste le «roi». Il a suscitĂ©, depuis la fin du XIXe siĂšcle en particulier, une extraordinaire floraison d’écrits musicologiques, historiques, technologiques, scientifiques et littĂ©raires, inspirĂ© d’innombrables compositeurs, intriguĂ© de savants acousticiens jusqu’à nos jours, comme aucun instrument de musique ne l’avait jamais fait.

Historique

Musicalement, le violon est caractĂ©risĂ© par le fait qu’il est un instrument Ă  touche lisse (contrairement Ă  la viole) et qu’il comporte quatre cordes accordĂ©es Ă  la quinte. Si l’on ne retient que ces particularitĂ©s fondamentales, on peut trouver au violon des ancĂȘtres, il y a des millĂ©naires, en Inde ou en Chine. En Europe, le mot «violon», selon H. Coutagne, est passĂ© du provençal dans notre langue non vers 1550, comme le prĂ©tendent les partisans de la thĂ©orie en question, mais Ă  une Ă©poque trĂšs antĂ©rieure; non seulement il est usitĂ© Ă  Lyon en 1548, mais il figure en 1533 dans les dĂ©penses secrĂštes de François Ier. Si des incertitudes subsistent quant Ă  l’instrument dĂ©signĂ© alors par ce vocable, on commence Ă  trouver des documents prĂ©cis dĂšs le milieu du XVIe siĂšcle, montrant qu’il s’agit bien du violon actuel, dans sa forme, ses dimensions et son jeu. DĂšs 1556, Philibert Jambe de Fer, comparant l’instrument aux violes, en parle sans ambiguĂŻtĂ©; en 1562 est gravĂ© le cĂ©lĂšbre portrait de Gaspard Duiffoprugcar, luthier Ă  Lyon, qui lĂšve tous les doutes. Ce dernier personnage semble avoir jouĂ© un rĂŽle absolument dĂ©terminant dans la mise au point de l’instrument tel qu’on le connaĂźt. Fabricant de luths, de violes, de harpes, c’était un luthier raffinĂ©, connaissant bien son mĂ©tier. Ce fut lui qui eut trĂšs probablement l’idĂ©e de modifier un instrument, le rebec, fort utilisĂ© en Europe dĂšs le Moyen Âge, et plus particuliĂšrement pratiquĂ© Ă  Lyon, alors quasiment «capitale des Gaules»... Cet instrument avait trois cordes. On rajouta une quatriĂšme corde pour en augmenter l’étendue et lui donner un corps «noble» Ă  la maniĂšre des violes! Il est certain que le violon fut tout de suite une rĂ©ussite. DĂšs 1618, Praetorius le dĂ©crit, croquis cotĂ© Ă  l’appui, de maniĂšre prĂ©cise dans la forme et les dimension qui sont siennes aujourd’hui. La perfection de la conception est attestĂ©e par le fait qu’on a tentĂ© en vain et d’innombrables fois de l’amĂ©liorer. MĂȘme si F. Savart, au dĂ©but du XIXe siĂšcle, rĂ©ussit Ă  montrer que la forme de la caisse jouait un rĂŽle secondaire dans la sonoritĂ© de l’instrument, il n’en reste pas moins vrai qu’elle est justifiĂ©e pour des raisons de tenue dans le temps.

Le violon, Ă  l’époque de Stradivarius, Ă©tait un membre de toute une «famille»: violon, alto, tĂ©nor, basse et contrebasse. Le tĂ©nor, qui se jouait sur les genoux, disparut de bonne heure. On notera que les dimensions relatives entre les membres de la famille dĂ©coulent d’expĂ©riences empiriques et sont liĂ©es aux propriĂ©tĂ©s de l’oreille humaine. Celles-ci n’étant pas «linĂ©aires», le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse ne sont pas gĂ©omĂ©triquement semblables: s’ils l’étaient, le quatuor ne serait pas de sonoritĂ© homogĂšne.

Principes acoustiques

Prenons une «caisse» sonore quelconque et excitons-la en frappant dessus d’une maniĂšre donnĂ©e. On entend un «bruit» complexe, dont la «hauteur» varie selon les dimensions, la nature des matĂ©riaux, les Ă©paisseurs des tables. Ce bruit, on sait actuellement l’analyser sous l’aspect d’une «courbe de rĂ©ponse», qui indique les pointes de rĂ©sonance propres Ă  cette caisse. Excitons cette caisse Ă  l’aide d’une corde. Le son produit est d’autant plus intense et plus riche que le son de la corde et ses composantes coĂŻncident avec la courbe de rĂ©ponse. On vĂ©rifie en effet qu’en tendant graduellement la corde le rendement sonore sera optimal pour une certaine tension de corde, c’est-Ă -dire une certaine note, les notes voisines Ă©tant encore acceptables. Avec une simple boĂźte, on peut exploiter une octave par exemple. Mais une octave est insuffisante pour rĂ©aliser une musique Ă©laborĂ©e. Comment faire, alors, avec une caisse unique si l’on dĂ©sire une Ă©tendue de trois ou quatre octaves ou plus? La solution du problĂšme avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© amorcĂ©e par les fabricants de rebecs. Ils posaient un pied du chevalet sur la table mince en sapin, qui Ă©tait trĂšs «souple» (grand degrĂ© de libertĂ©) et qui permettait ainsi d’amplifier correctement les sons graves de l’instrument. Le pied droit du chevalet ne s’appuyait pas sur la table, mais, par l’intermĂ©diaire d’une petite tige de bois, l’ñme, sur le «fond» de l’instrument, fait en bois trĂšs dur (olivier, Ă©rable, etc.). Le degrĂ© de libertĂ© du fond Ă©tant trĂšs faible, on favorisait ainsi les sons aigus. Un seul instrument permettait de ce fait d’exploiter prĂšs de deux octaves.

Les dispositions du rebec furent adoptĂ©es et amĂ©liorĂ©es par l’inventeur du violon. Un perfectionnement consiste Ă  coincer l’«ùme» entre la table et le fond, ce qui Ă©vitait certainement bien des problĂšmes de tenue du chevalet; un autre fut de coller sous le pied gauche du chevalet, du cĂŽtĂ© des cordes graves, une petite verge de sapin, la «barre», qui, alourdissant la table, favorisait ainsi les graves. L’étendue sonore de l’instrument, moyennant quelques «extensions» du petit doigt, couvrait pratiquement deux octaves et demie. Lorsqu’on apprit Ă  «dĂ©mancher», c’est-Ă -dire Ă  dĂ©placer la main le long du manche, et lorsqu’on sut fabriquer des cordes de qualitĂ© requise, le violon dĂ©passa rapidement l’étendue de quatre octaves. La technique de l’archet permettant de moduler les timbres Ă  l’infini selon la façon d’attaquer les cordes, la vitesse et la place de la mĂšche, le violon rĂ©alisa des performances musicales qui n’ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©es par aucun autre instrument, en particulier si l’on considĂšre la simplicitĂ© des moyens mis en jeu et le faible encombrement. Des virtuoses apparurent de bonne heure, qui poussĂšrent la technique de jeu Ă  un point extraordinaire, permettant Ă  ceux qui avaient la patience d’apprendre de rĂ©aliser des combinatoires sonores d’une richesse infinie, s’adaptant sans autre rajout aux contraintes des musiques ethniques, du jazz, des musiques d’avant-garde... La hauteur des sons peut, en effet, ĂȘtre variĂ©e continĂ»ment; il est possible de rĂ©aliser les plus subtiles nuances d’intensitĂ© et de timbre.

Bien entendu, un violon peut ĂȘtre «bon» ou «mauvais». Ces termes recouvrent un grand nombre de variables. Il est Ă©vident que l’habiletĂ© du luthier y est pour beaucoup: choix des matĂ©riaux, façon de les traiter de tirer les Ă©paisseurs, de «barrer» et de rĂ©gler l’ñme pour obtenir un optimum fonctionnel, favorisant Ă  la fois le grave et l’aigu et «donnant» un timbre agrĂ©able. On a beaucoup parlĂ© du rĂŽle prĂ©tendument mystĂ©rieux du «vernis de CrĂ©mone» qu’utilisĂšrent les luthiers italiens des XVIIe et XVIIIe siĂšcles. Toutes les expĂ©riences – et elles sont nombreuses – faites Ă  l’abri de la suggestion et de la supercherie ont montrĂ© l’inanitĂ© de telles lĂ©gendes. Un violon est une «machine» vibrante; les sons qu’il rayonne sont fonction de la nature des matĂ©riaux et de la structure de la caisse. Dans certains cas particuliers (forte imprĂ©gnation), le vernis peut influer plus ou moins notablement sur le rayonnement acoustique. Il joue, en fait, le rĂŽle d’un «filtre acoustique»; mais, en tant que tel, il ne peut que retrancher et non ajouter des qualitĂ©s aux sons! Le fonctionnement d’une machine «manuelle» dĂ©pend de toute façon beaucoup plus du talent de celui qui s’en sert. Ce sont d’habiles commerçants, en particulier depuis Jean-Baptiste Vuillaume, qui ont lancĂ© le mythe du «vernis de CrĂ©mone» et celui de la «supĂ©rioritĂ© des Italiens». La rĂ©ussite d’un instrument implique de la part du luthier un long apprentissage et beaucoup de «flair» dans le choix des matĂ©riaux et dans leur traitement. On a cependant montrĂ© que l’on pourrait actuellement obtenir Ă  coup sĂ»r des rĂ©sultats de qualitĂ© en utilisant des mĂ©thodes de contrĂŽle et de recherche scientifiques (mesure des modules d’élasticitĂ© et de l’amortissement des bois, Ă©tudes acoustiques comparatives au spectrographe acoustique, au sonographe en particulier, etc.). L’électronique et l’informatique ont apportĂ© au chercheur des moyens d’investigation trĂšs sophistiquĂ©s. Mais en fait trĂšs peu de chercheurs s’intĂ©ressent Ă  l’étude physique du violon, qui s’avĂšre dĂ©cevante. La raison en est Ă  rechercher dans le fait que le violon (comme tous les autres instruments traditionnels) est une «machine Ă  faire des sons» rĂ©alisĂ©e empiriquement par des facteurs qui apportent une solution optimale Ă  un problĂšme d’une complication inouĂŻe. En effet, un instrument de musique reprĂ©sente une combinatoire entre un nombre considĂ©rable de variables dont beaucoup Ă©chappent largement Ă  la physique, en particulier celles qui relĂšvent de la psychophysiologie auditive – une science oĂč subsistent bien des «ombres».

Considérations esthétiques

Beaucoup d’auteurs vantent la beautĂ© de la forme du violon. Une forme est belle lorsque les rapports entre ses diverses dimensions respectent un certain nombre de lois gĂ©omĂ©triques et perceptives. À l’époque de la crĂ©ation du violon, l’esthĂ©tique des proportions prĂ©occupait nombre d’artistes. Les architectes, notamment, reprenant des idĂ©es de l’AntiquitĂ©, avaient remis en honneur diverses doctrines sur la beautĂ© des formes, dont l’une des plus connues est celle du nombre d’or: lorsqu’on partage un segment de droite en deux parties telles que le rapport entre le tout et la plus grande partie soit Ă©gal au rapport entre la grande et la petite partie, on a rĂ©alisĂ© la «section dorĂ©e». Si la longueur du «tout» est Ă©gale Ă  1, le point de partage en question se trouve Ă  0,618... d’une extrĂ©mitĂ©. On peut dĂšs lors imaginer une forme dont toutes les dimensions soient reliĂ©es entre elles par le «nombre d’or» (1,618...). Cette forme prĂ©sente alors une «eurythmie» particuliĂšre confirmĂ©e par les recherches des psychophysiologues (G. T. Fechner). Quoi qu’il en soit, maints chercheurs ont tentĂ© l’analyse de la forme du violon Ă  l’aide du nombre d’or, et l’on a mĂȘme retrouvĂ© des coĂŻncidences qu’on peut difficilement attribuer au hasard, mais plutĂŽt Ă  une connaissance approfondie de certaines rĂšgles d’esthĂ©tique classique fort bien connues durant la Renaissance.

ProblĂšmes technologiques de construction

Le fabricant de violons traditionnel, le «luthier», fait un mĂ©tier difficile. Il doit d’abord acquĂ©rir les bois nĂ©cessaires, tels que l’épicĂ©a et l’érable. Ces bois doivent prĂ©senter des qualitĂ©s bien dĂ©finies. Ils doivent ĂȘtre «nerveux» (modules d’élasticitĂ© Ă©levĂ©s), lĂ©gers (faible masse volumique ou «densité»), peu sujets Ă  la dĂ©formation permanente. Les bons bois de lutherie viennent de Roumanie, de Hongrie, du Tyrol, de Suisse. On les laisse sĂ©cher dans certaines conditions pendant plusieurs annĂ©es. Puis le luthier (cf. gravure) choisit un «modĂšle», gĂ©nĂ©ralement copiĂ© des anciens italiens de l’époque classique. Un «moule» en bois plein, ayant la forme intĂ©rieure de la caisse, lui permet de rĂ©aliser et de monter les «éclisses», sur lesquelles on collera fond et table. Le fond est tirĂ© d’une planche d’érable modelĂ©e en forme de voĂ»te, afin que l’instrument puisse rĂ©sister Ă  la dĂ©formation provenant de la tension des cordes (environ 25 kgf en tout). Le fond est ensuite «vidé», les Ă©paisseurs finales Ă©tant faibles (de 2 Ă  5 mm environ). Tout ce travail se fait Ă  l’aide de gouges creuses, de petits rabots Ă  semelle bombĂ©e, de racloirs, de papier de verre, etc. Enfin, le fond est collĂ© sur les Ă©clisses. On enlĂšve alors le moule intĂ©rieur et on confectionne la table en Ă©picĂ©a tout comme on l’a fait pour le fond. On coupe dans la table deux ouvertures en forme de f (les ouĂŻes), puis on colle une «barre» sous le pied gauche du chevalet. La table est ensuite collĂ©e Ă  son tour sur les Ă©clisses. La «caisse» est terminĂ©e. Les bords sont renforcĂ©s par incrustation de «filets» (gĂ©nĂ©ralement deux filets noirs et un blanc). On confectionne ensuite le manche Ă  partir d’un bloc d’érable. «Chevillier» et volute sont de vraies piĂšces de sculpture permettant au luthier de «personnaliser» son violon. Finalement on vernit l’instrument, chaque luthier ayant ses «secrets»... Lorsqu’on veut empĂȘcher la pĂ©nĂ©tration trop grande du vernis, on enduit le bois d’un encollage. Les vernis peuvent ĂȘtre Ă  l’alcool, aux huiles essentielles, Ă  l’huile de lin (vernis gras); ils sont gĂ©nĂ©ralement colorĂ©s «dans la masse» et leur application est dĂ©licate. En facture industrielle, on utilise couramment des vernis «modernes», appliquĂ©s au pistolet, dont l’aspect est souvent moins sĂ©duisant que celui des vernis traditionnels. Finalement, on place l’ñme, petite baguette d’épicĂ©a, coincĂ©e entre la table et le fond, un peu en arriĂšre du pied droit du chevalet, du cĂŽtĂ© des cordes aiguĂ«s. La distance Ăąme-pied du chevalet permet de rĂ©gler dans une assez large mesure le degrĂ© de libertĂ© du pied droit, c’est-Ă -dire le degrĂ© d’acuitĂ© des notes aiguĂ«s. Pour le grave, rĂ©gi par la barre, on ne peut malheureusement pas faire de rĂ©glage de ce genre sans ouvrir l’instrument.

Enfin on monte les cordes et l’on essaye l’instrument; on modifie le cas Ă©chĂ©ant le rĂ©glage d’ñme, les dimensions du chevalet. L’instrument, soumis Ă  des contraintes assez fortes venant de la tension relativement Ă©levĂ©e des cordes, se dĂ©forme toujours plus ou moins au dĂ©but, et la «sonorité» Ă©volue pendant tout ce temps. Mais aprĂšs quelques semaines ou quelques mois, le violon se «stabilise» et on peut alors en jouer dans de bonnes conditions pendant fort longtemps, moyennant quelques prĂ©cautions (Ă©viter les chocs, l’humiditĂ©, etc.).

La facture traditionnelle est quasi artisanale; mais il existe aussi une production industrielle. On ne peut obtenir, alors, une qualitĂ© sonore stable que si les bois sont de mĂȘme qualitĂ© ou si l’on retouche chaque instrument. Le violon bien fait Ă©tant «inusable», le luthier moderne vit difficilement de son mĂ©tier.

Fruit d’une heureuse initiative d’un luthier du XVIe siĂšcle, le violon reste un instrument traditionnel exemplaire, offrant Ă  qui veut se donner la peine d’apprendre Ă  le maĂźtriser des possibilitĂ©s d’expression infinies. Sa pĂ©rennitĂ© n’est pas le rĂ©sultat du hasard: s’il a subsistĂ© pendant plus de quatre siĂšcles, pratiquement inchangĂ©, c’est qu’il reprĂ©sente une rĂ©alisation optimale, un compromis entre de nombreux impĂ©ratifs d’ordre matĂ©riel et acoustique.

Le violon et sa musique

Les musiciens qui ont adoptĂ© le violon dĂšs sa naissance sont des «rebecquets»; on «en use en dancerie communĂ©ment et Ă  bonne cause [...] mĂȘme en conduisant quelques noces ou mommerie» et «il se trouve peu de gens qui en usent sinon ceux qui en vivent par leur labeur» (Philibert Jambe de Fer, 1556). Le violon est donc l’instrument des «violoneux» qui jouent des musiques populaires de structure simple, dont on ne retrouve pas de littĂ©rature Ă©crite.

Cependant les avantages «acoustiques» de l’instrument sont Ă©normes et lui permettent de supplanter rapidement les instruments de l’époque, le luth en particulier. Mersenne (1636) prĂ©cise dĂ©jĂ  que «les sons ont plus d’effet [...] sont plus vigoureux et percent davantage [...] Et ceux qui ont entendu les vingt-quatre violons du roy ajoutent qu’ils n’ont jamais rien ouĂŻ de plus ravissant ou de plus puissant: de lĂ  vient que cet instrument est le plus propre pour faire danser, comme l’on expĂ©rimente dans les ballets et partout ailleurs».

Mersenne donne aussi la partition d’une «Fantaisie Ă  cinq composĂ©e par le sieur Henry le Jeune», d’allure simpliste. Mais il faut se dĂ©fier de cette simplicitĂ© apparente: la partition de l’époque ne reprĂ©sente que le «squelette» de la musique. [cf. IMPROVISATION MUSICALE]. Que savons-nous du style de jeu de Balthazar de Beaujoyeulx, dont tout le monde parlait avec admiration? Que savons-nous de la technique violonistique de ce temps-lĂ ? Autant dire rien. Les musiciens de l’époque n’étaient cependant certainement pas plus malhabiles que ceux d’aujourd’hui. Mersenne nous le dit bien: le musicien ne peut pas «toucher plus de seize fois la corde (par seconde)» et ce nombre n’est toujours pas dĂ©passĂ© par les plus habiles virtuoses de nos jours!

Cependant, le violon reste longtemps, du moins en France, l’affaire d’un domestique et la musique dont il est chargĂ© est de la «musique fonctionnelle», qu’on n’écoute pas pour elle-mĂȘme, mais qui sert Ă  faire danser. Ce n’est qu’au dĂ©but du XVIIe siĂšcle qu’apparaissent des piĂšces de «concert» pour violon seul et des «sonates»; Torelli Ă©labore la formule du concerto (dans le sens actuel du terme) et Corelli parfait cette formule. DĂšs 1607, Monteverdi, il est vrai, utilisait dĂ©jĂ , dans son Orfeo , des «petits violons Ă  la française». Quoi qu’il en soit, l’instrument a probablement Ă©tĂ© inventĂ© en Italie, oĂč, dans ses dĂ©buts, les noms de violonistes-compositeurs y sont lĂ©gion: Vivaldi, Albinoni, Vitali, Geminiani, Locatelli, Veracini, G. Tartini surtout.

En France, c’est au milieu du XVIIIe siĂšcle que le concerto italien est admis, et encore grĂące Ă  des compositeurs de la taille d’un Couperin et Ă  des violonistes-compositeurs du talent d’un Leclair, d’un Rebel, d’un SenalliĂ©, d’un FrancƓur, d’un Mondonville. Finalement vient celui qui fait entrer le violon parmi les «grands»: G.-B. Viotti.

En Allemagne, le violon a acquis trĂšs tĂŽt ses titres de noblesse avec Bach, Telemann, Haendel, Leopold Mozart, Haydn, Mozart... puis Beethoven.

Au XIXe siĂšcle fleurissent des Ɠuvres dans toute l’Europe. Paganini pousse la virtuositĂ© Ă  un point jamais atteint. Puis viennent Baillot, Kreutzer, Spohr, Sev face="EU Caron" ă‚«ik, Rode. Tous ces violonistes composent pour leur instrument, qu’ils connaissent bien et dont ils savent exploiter les possibilitĂ©s. Si leur musique a vieilli, on ne peut disconvenir qu’elle est merveilleusement Ă©crite pour l’instrument et qu’elle exige une technique sans failles. Les compositeurs les plus illustres Ă©crivent: Mendelssohn, Brahms, Saint-SaĂ«ns. DĂšs le dĂ©but du XXe siĂšcle, de plus en plus, deux directions s’amorcent: musique «sĂ©rieuse» (concertos, quatuors, sonates, trios) et morceaux de genre, qui semblent souvent douteux aujourd’hui (romances, pots-pourris, variations sur des airs d’opĂ©ras, fantaisies). Cependant, des Ɠuvres remarquables paraissent, vĂ©ritables modĂšles pour les violonistes: la Havanaise de Saint-SaĂ«ns, la Symphonie espagnole de Lalo... FaurĂ©, Franck, Ravel, Prokofiev Ă©crivent aussi pour l’instrument. La technique violonistique est poussĂ©e Ă  un point qui semble impossible Ă  dĂ©passer avec Sarasate, Wieniawski, YsaĂœe, Enesco, Jacques Thibaud, Benedetti, Zino Francescatti. Les quatuors Capet, Calvet, Pascal, Loewenguth, Poulet, Pasquier, Juilliard, VĂ©gh, La Salle, Arditti aussi bien que les grands solistes: D. OĂŻstrakh, L. Kogan, I. Stern, N. Milstein, Y. Menuhin, mettent en valeur des Ɠuvres raffinĂ©es oĂč le violon est maĂźtre chez lui. Cependant, le dĂ©veloppement des moyens Ă©lectroacoustiques et les nouveaux modes de jeu enrichissent l’écriture violonistique telle qu’elle est mise en Ɠuvre par L. Nono dans La lontananza nostalgica utopica futura , B. Ferneyhough dans Intermedio alla ciaccona , H. Lachenmann dans Reigenseliger Geister ou E. Nunes dans Einspielung I .

Nous assistons aussi Ă  un retour d’intĂ©rĂȘt pour les musiques de violon de l’époque baroque, n’exigeant pas une virtuositĂ© aussi poussĂ©e que celle d’un YsaĂœe... et qu’un amateur moyen rĂ©ussit Ă  exĂ©cuter correctement pour son plaisir. Une renaissance du violon s’amorce en divers pays du monde, du Japon aux États-Unis en passant par la France; les Ɠuvres violonistiques du passĂ© ressurgissent dans des interprĂ©tations authentiques. Les instruments de musique anciens, le luth, la viole, sont fabriquĂ©s Ă  nouveau et jouĂ©s. Le violon leur emboĂźte le pas. Car il ne semble pas qu’il puisse ĂȘtre surpassĂ©, eu Ă©gard Ă  la simplicitĂ© des moyens et Ă  ses possibilitĂ©s acoustiques. L’instrument est petit; il couvre quatre octaves et demi; ses «champs de liberté», enfin, sont quasi infinis. Champ de libertĂ© des hauteurs: on peut jouer en continu tous les sons possibles, faire des vibratos de largeur quelconque, des glissandos, exploiter les effets attractifs, etc. Champ de libertĂ© de l’intensitĂ©: on dispose, entre le pianissimo et le fortissimo, d’une large dynamique (quelque 40 dĂ©cibels au moins). Champ de libertĂ© des timbres: il est illimitĂ©; on peut, si l’on est habile, faire chatoyer la «pĂąte sonore», entre les sons veloutĂ©s, les sons tendres, les sons brillants, voire agressifs. L’ordinateur dĂ©trĂŽnera sans doute les instruments de musique traditionnel, du moins en ce qui concerne la «fabrication de la musique de consommation courante». Mais le violon subsistera sans doute longtemps encore, ne serait-ce que comme instrument «ancien», que l’homme jouera pour son plaisir. La littĂ©rature Ă©crite, de tous niveaux violonistiques, Ă©tant d’une abondance inouĂŻe, il ne sera mĂȘme pas nĂ©cessaire de rĂ©crire des Ɠuvres pour l’instrument: il suffira de les redĂ©couvrir. AprĂšs un demi-millĂ©naire d’existence, le violon continuera probablement encore Ă  ravir nos descendants!

violon [ vjɔlɔ̃ ] n. m.
‱ vyolon 1500; it. violone « grosse viole, contrebasse », le mot pour « violon » Ă©tant violino
I ♩
1 ♩ Instrument de musique Ă  quatre cordes accordĂ©es en quintes, que l'on frotte avec un archet, et qui se tient entre l'Ă©paule et le menton. Parties du violon. ⇒ Ăąme, chevalet, corde, crosse, Ă©clisse, 2. manche, ouĂŻe, sillet, table. Facteur de violons. ⇒ luthier. Violon signĂ© Stradivarius (un Stradivarius). Mauvais violon. ⇒ crincrin. Jouer du violon; gratter, racler du violon. Joueur de violon de concert (⇒ violoniste) ; de village (⇒ mĂ©nĂ©trier, violoneux) . « Les sanglots longs Des violons » (Verlaine). « Le violon frĂ©mit comme un cƓur qu'on afflige » (Baudelaire). — Sonate pour piano et violon. Les deux violons (premier et second violon), le violoncelle et l'alto du quatuor Ă  cordes. — Par ext. Famille des violons : le violon lui-mĂȘme, l'alto, le violoncelle, la contrebasse.
♱ Loc. Accorder ses violons. Fam. C'est comme si on pissait dans un violon ! — (1922) VIOLON D' I NGRES :le fait, pour un artiste, de pratiquer un art qui n'est pas le sien (comme le peintre Ingres pratiquait le violon); par ext. activitĂ© artistique exercĂ©e en dehors d'une profession. L'aquarelle est son violon d'Ingres. ⇒ hobby, passe-temps.
2 ♩ (XVIe) Musicien, musicienne qui joue du violon. ⇒ violoniste. Elle est violon dans un orchestre. Premier violon d'un orchestre, qui dirige les violons (cf. Chef de pupitre). « Je me souviens d'un premier violon, qui avait jouĂ© son solo Ă  peu prĂšs comme on prend un purgatif » (Alain). Premier, second violon dans un quatuor : violoniste qui joue la premiĂšre, la seconde partie de violon.
♱ Loc. fig. Aller plus vite que les violons : aller trop vite, prĂ©cipiter les choses. — Payer les violons (du bal) : anciennt offrir un bal Ă  une belle; fig. et mod. payer les frais sans en avoir le profit.
II ♩
1 ♩ (1790; p.-ĂȘ. par anal. des cordes et des barreaux) Prison de police, contiguĂ« Ă  un poste ou un corps de garde, oĂč l'on enferme les personnes arrĂȘtĂ©es le soir en attendant de les interroger le lendemain. Passer la nuit au violon. « je serais curieux de voir sa tĂȘte quand il se rĂ©veillera demain matin au violon » (Simenon).
2 ♩ (1872; par anal. de forme) Mar. Planche percĂ©e de larges trous que l'on met sur une table pour maintenir les verres et les bouteilles par gros temps (cf. Table Ă  roulis).

● violon nom masculin (de viole) Instrument de musique Ă  cordes frottĂ©es, muni d'un manche. Personne qui joue du violon dans un orchestre. Familier. Local de sĂ»retĂ© dĂ©pendant d'un poste de police, d'un corps de garde. ● violon (citations) nom masculin (de viole) Paul Verlaine Metz 1844-Paris 1896 Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon cƓur D'une langueur Monotone. PoĂšmes saturniens, Chanson d'automne Messein ● violon (expressions) nom masculin (de viole) Familier. Payer les violons (du bal), faire les frais de quelque chose sans en avoir le profit. Familier. Second ou troisiĂšme violon, rĂŽle subalterne. Violon d'Ingres, talent qu'une personne cultive en marge de son activitĂ© principale. ● violon (synonymes) nom masculin (de viole) Violon d'Ingres
Synonymes :
- dada (familier)
- marotte (familier)

violon
n. m.
rI./r
d1./d Instrument de musique à quatre cordes accordées par quintes (sol, ré, la, mi) et à archet.
|| Loc. fig. Accorder ses violons: se mettre d'accord.
— Violon d'Ingres: activitĂ© (artistique, notam.) exercĂ©e avec assiduitĂ© en dehors de sa profession.
d2./d Personne qui joue du violon dans un ensemble musical; violoniste d'orchestre. Premier, second violon.
rII./r
d1./d (Acadie) Nom cour. du mélÚze laricin.
d2./d (QuĂ©bec) (GĂ©nĂ©ralement au Plur.) TĂȘte de violon (parfois queue de violon): pousse comestible de la fougĂšre-Ă -l'autruche (Matteuccia struthiopteris), qu'on rĂ©colte au printemps.

⇒VIOLON, subst. masc.
A. — MUSIQUE
1. Instrument de musique Ă  quatre cordes accordĂ©es par quintes (sol, rĂ©, la, mi) qui se tient appuyĂ© horizontalement sur la clavicule gauche, maintenu par le menton, et dont on joue avec un archet. Beau violon, violon ancien; jouer du violon; jouer (un air) au violon. Mon pĂšre jouait sur son fidĂšle violon de CrĂ©mone (je l'ai encore, ce vieux instrument au son duquel j'ai vu le jour) une contredanse de sa façon (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 72). Ce que lui-mĂȘme n'aurait su dire avec des mots, le violon savait le traduire, le violon le chantait (CHÂTEAUBRIANT, Lourdines, 1911, p. 69). V. Ăąme ex. 158, archet ex. 1, 4.
♩ [Dans une compar.] Je l'imaginais, cette joie, comme un chant de violon Ă  la fois strident et tendre, comme une flamme aiguĂ« oĂč le cƓur d'Alissa et le mien s'Ă©puisaient (GIDE, Porte Ă©tr., 1909, p. 506).
♩ Famille des violons. Famille d'instruments à quatre cordes. Les pays latins lui donnent pour successeurs [à la vielle] la famille des violes (...), puis celle du violon, devenue en ses quatre dimensions, violon, alto, violoncelle et contrebasse, la pierre angulaire de l'orchestre moderne (BRENET Mus. 1926, p. 206).
♩ HIST. DE LA MUS. Roi des violons. Chef de la confrĂ©rie de saint Julien des mĂ©nĂ©triers exerçant son autoritĂ© sur les joueurs d'instruments Ă  cordes du Moyen-Âge au XVIIIe s. Aussi tard que l'an 1742, une ordonnance du « Roi des Violons », autorisant les musiciens ambulants Ă  jouer « d'une espĂšce d'instruments Ă  3 cordes seulement et connu sous le nom de rebec » leur refusera formellement la permission de se servir d'un violon (M. PINCHERLE, Le Violon, 1966, p. 8).
SYNT. Violon de ménétrier, de soliste, de tzigane; ùme, bouton, caisse, chanterelle, chevalet, cheville, corde, coussin, crosse, éclisse, manche, mentonniÚre, ouïes, sillet, table, touches du violon; timbre du violon; vernis du violon; le violon chante, joue, sonne; accorder un violon, rùcler du violon; boßte, étui à violon.
— [Avec un dĂ©term. spĂ©cifiant une caractĂ©ristique de fabrication] Violon quart, violon demi, violon trois-quart. Violon de format rĂ©duit destinĂ© aux enfants. On fabrique (...) des instruments de format rĂ©duit dits violons quart (MAUGIN, MAIGNE, Nouv. manuel luthier, 1929 [1869], p. 22). Violon d'auteur, violon de maĂźtre, violon de + nom propre. Violon exĂ©cutĂ© par un maĂźtre luthier cĂ©lĂšbre. Violon d'Amati. Le moyen le plus sĂ»r de tracer un beau modĂšle de violon est de se procurer un beau violon d'auteur (MAUGIN, MAIGNE, Nouv. manuel luthier, 1929 [1869], p. 34). [Le musĂ©e] possĂšde plus de 1 900 instruments, tous du plus haut intĂ©rĂȘt, soit technique, soit historique: violons de Stradivarius, Guarnerius (Enseign. mus., 1, 1950, p. 9). HIST. DE LA MUS. Petit violon. Violon de format rĂ©duit en usage jusqu'au XVIIIe s. [Parmi les instruments composant l'orchestre de l'Orfeo de Monteverdi (1607) figurent] 2 petits violons « Ă  la française » (BRENET Mus. 1926, p. 315). Violon de poche. Petit violon dont se servaient les maĂźtres Ă  danser. Synon. pochette. Un petit Français, poudrĂ© et frisĂ©, (...) raclait un violon de poche, et faisait danser Madelon Friquet Ă  ces Iroquois (CHATEAUBR., MĂ©m., t. 1, 1848, p. 291).
— [En tant qu'instrument d'orchestre ou soliste] Accompagnement, solo de violon; duo pour deux violons, pour violon et piano, etc.; trio pour piano, violon et violoncelle. À l'Ă©tonnement gĂ©nĂ©ral, M. de Charlus, qui ne parlait jamais des grands dons qu'il avait, accompagna, avec le style le plus pur, le dernier morceau (...) de la sonate pour piano et violon de FaurĂ© (PROUST, Sodome, 1922, p. 953). V. concerto ex.
♩ Premier, second violon. Instrument jouant la premiĂšre, la deuxiĂšme partie de violon dans un ensemble instrumental. Premier, second violon d'un quatuor Ă  cordes, d'un orchestre. Les premiers violons morcelant le premier thĂšme, en forment un jeu dialoguĂ© (...) avec les seconds violons (BERLIOZ, À travers chants, 1862, p. 30).
♩ Violon solo. Violon qui joue seul ou avec un accompagnement dans un ensemble instrumental. Le violon solo reprend, une derniùre fois, plus tendre, son chant d'amour (ROLLAND, Beethoven, t. 2, 1937, p. 391).
— [En tant qu'art et techn. instrumentale] Violon faux; classe de violon du conservatoire, d'une Ă©cole de musique; cours, exercices, jury, leçon de violon; École française de violon; aimer, apprendre le violon. À vingt ans, Narcisse Boucher est Ă  Paris, Ă©lĂšve au Conservatoire, et, dĂšs son premier concours, premier prix de violon (FARRÈRE, Homme qui assass., 1907, p. 36).
— Expr. et loc. fig.
♩ Sec comme un violon. Trùs maigre. (Dict. XIXe et XXe s.).
♩ Violon d'Ingres. [P. rĂ©f. au fait que le peintre Ingres a exercĂ© tout jeune le mĂ©tier de violoniste et pratiquait cet instrument avec passion] Talent artistique, activitĂ© d'Ă©lection qu'une personne cultive en dehors de son activitĂ© principale. Synon. fam. dada1, hobby. Avoir un violon d'Ingres; la photographie est son violon d'Ingres. En chemin, — chaque explorateur ayant son violon d'Ingres — je n'Ă©tais pas fĂąchĂ© de songer que je pourrais examiner un peu la constitution gĂ©ologique de ce plateau d'ÉguĂ©rĂ© (BENOIT, Atlant., 1919, p. 53). La philanthropie immobiliĂšre Ă©tait en effet leur violon d'Ingres (CAMUS, Exil et roy., 1957, p. 1632).
♩ Accorder ses violons. S'entendre sur ce que l'on dit. Il semble d'ailleurs que Faure et Vidal ne soient jamais parvenus Ă  accorder leurs abominables violons. Leurs contradictions (...) ont Ă©tĂ© flagrantes en Cour d'assises (L. DAUDET, Police pol., 1934, p. 194). Que nos violons, Ă  l'Express ne soient plus toujours accordĂ©s, les gens s'en irritent, ou se scandalisent, ou font semblant (MAURIAC, Nouv. Bloc-Notes, 1958, p. 65). [En injonction] Accordez vos violons!
♩ Pop. Pisser dans un violon.
2. P. mĂ©ton. Personne qui joue de cet instrument. Violon de village; engager des violons; ĂȘtre violon dans un orchestre, Ă  l'OpĂ©ra. Cyrano, aux violons: Vous nous jouerez un air, messieurs les violons! (Les violons se joignent au cortĂšge qui se forme (...)) (ROSTAND, Cyrano, 1898, I, 7, p. 59).
♩ Premier violon, violon solo d'un orchestre. Violoniste qui dirige les violons, joue les solos. Au point de vue de la direction, il y a maintenant [à la Renaissance] deux chefs: le violon solo pour les instruments, et le cymbaliste pour la partie vocale (Arts et litt., 1936, p. 60-10).
♩ Premier violon, second violon. Violoniste qui joue la premiĂšre partie, la deuxiĂšme partie de violon dans le quatuor Ă  cordes, dans l'orchestre. Ces groupements de rencontre [pour les quatuors] pouvaient ĂȘtre fort brillants: on se rappelle telle sĂ©ance amicale, Ă  Vienne, en 1784, oĂč le premier violon Ă©tait Joseph Haydn, le second Dittersdorf, et l'alto Mozart (M. PINCHERLE, Les Instruments du quatuor, 1970, p. 119).
♩ HIST. DE LA MUS. [Sous Louis XIV] Les (vingt-quatre) violons (du roi). Ensemble instrumental appartenant Ă  la Chambre du roi. En France, de la domesticitĂ© qui Ă©tait l'habituelle condition des violonistes, Ă©mergeaient les violons du roi et les « petits violons » de Lully (M. PINCHERLE, Le Violon, 1966, p. 61).
— Locutions
♩ Vx. Payer les violons. Offrir un bal, une sĂ©rĂ©nade Ă  une femme. La nuit (...) il se dressait sur son sĂ©ant pour Ă©couter le tumulte du bal; c'Ă©tait lui qui payait les violons (SANDEAU, Mlle de La SeigliĂšre, 1848, p. 91). Au fig., fam. Payer les violons. Faire les frais d'une chose dont on ne tire pas profit. N'avons-nous pas assez maudit la guerre (...)? lui disait-elle; maintenant nous payons les violons de toute cette gloire impĂ©riale (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 461).
♩ Fam. Aller plus vite que les violons. Aller trop vite; prĂ©cipiter les Ă©vĂ©nements. Synon. aller plus vite que la musique. Tu t'en moques bien, de tes enfants. — Ne dis pas de bĂȘtises. Je ne peux pas aller plus vite que les violons (DRIEU LA ROCH., RĂȘv. bourg., 1937, p. 265).
B. — P. anal. (avec la disposition des cordes du violon, la forme de la caisse...)
1. Fam. Prison garnie d'une grille, attenante Ă  un corps de garde ou Ă  un poste de police, oĂč sont enfermĂ©es provisoirement les personnes prises en flagrant dĂ©lit. Votre Nicolas est au violon de la ville, il a presque tuĂ© le grand JĂ©rĂŽme du Royal-Allemand avec une cruche (ERCKM.-CHATR., Hist paysan, t. 1, 1870, p. 87). Crainquebille, dont l'arrestation fut maintenue, passa la nuit au violon et fut transfĂ©rĂ©, le matin, dans le panier Ă  salade, au dĂ©pĂŽt (A. FRANCE, Crainquebille, 1904, p. 21).
2. Spécialement
a) Brosse Ă  habit dont la monture est en forme de caisse de violon. (Dict. XXe s.).
b) TECHNOL. Petit touret Ă  main actionnĂ© Ă  l'aide d'un archet; foret de sculpteur utilisĂ© pour percer le marbre. Le ministre et son amie voyaient avec effroi tout autour de la chambre Ă  coucher les vrilles percer les portes et les volets, les violons faire des trous dans les murs [pour les observer] (A. FRANCE, Île ping., 1908, p. 377).
♩ TĂȘte de violon, clef de violon. TĂȘte de vis ayant la forme des clefs de cheville et que l'on manƓuvre Ă  la main. Lorsque le flĂ©au est muni d'une vis de sĂ»retĂ© Ă  tĂȘte de violon placĂ©e sur le support au-dessus du flĂ©au, une plus-value est prĂ©vue [Ă  la sĂ©rie] (ROBINOT, VĂ©rif., mĂ©trĂ© et prat. trav. bĂąt., t. 3, 1928, p. 72).
♩ Planche garnie de fils de fer utilisĂ©e pour l'impression des tissus. (Dict. XIXe et XXe s.).
c) MAR. Violons (de mer). ,,Ensemble de tringles de bois dont on garnit les tables par mauvais temps pour empĂȘcher les assiettes et les bouteilles de glisser au roulis`` (GRUSS 1978). La mer Ă©tait grosse, on fut obligĂ© de mettre les violons (Ac. 1935).
♩ Poulie Ă  violon. Poulie Ă  deux rĂ©as de diamĂštre diffĂ©rent. Les poulies Ă  violon (...) portent deux rĂ©as (...) superposĂ©s dans le mĂȘme plan (GALOPIN, Lang. mar., 1925, p. 44).
♩ Violon de ris. ,,Ensemble du systĂšme de prise de ris (...) composĂ© de poulies de renvoi et de taquets coinçeurs`` (B. ROSSELOT, Vocab. mar., 1980, p. 66).
d) TYPOGR. ,,GalĂ©e longue et Ă©troite qui sert Ă  rĂ©unir la composition pour la mise en placards`` (PEYROUX Techn. MĂ©tiers 1985). Les galĂ©es de ce genre, rĂ©servĂ©es plutĂŽt pour la mise en pages et autres travaux d'importance, se nomment aussi « violons » (É. LECLERC, Nouv. manuel typogr., 1897, p. 88).
REM. 1. Violonaire, subst. masc., vieilli et rĂ©gion. Joueur de violon dans les campagnes. Synon. mĂ©nĂ©trier, violoneux (infra dĂ©r.). Le violonaire qui menait tout ce monde, affolĂ© par le vent, jouait Ă  la diable (LOTI, PĂȘch. Isl., 1886, p. 250). 2. ViolonĂ©, -Ă©e, adj., Ă©bĂ©n. [En parlant d'un dossier de fauteuil Louis XV] Qui rappelle le galbe de la caisse du violon. Fauteuil en « cabriolet », c'est-Ă -dire au dossier violonĂ©, estampillĂ© Delanois (G. BOULANGER, L'Art de reconnaĂźtre les styles, 1960, p. 60). 3. Violoneur, subst. masc., vieilli. Synon. de violonaire (supra). Quand tu auras envie d'en connaĂźtre plus long, tu iras dans les grandes villes, oĂč les violoneurs t'apprendront le menuet et la contredanse (SAND, MaĂźtres sonneurs, 1853, p. 209). 4. Violonnier, subst. masc. Synon. usuel de violoneux (infra dĂ©r.). La belle (...) allait sans regarder ces violonniers qui n'Ă©taient plus les beaux tambours de son pĂšre (POURRAT, Gaspard, 1925, p. 46).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) DĂ©b. XVIe s. vyollon dĂ©signe un instrument de mus. Ă  cordes (Le Triumphe des Vestementz ds Anc. PoĂ©s. fr., t. 13, p. 50, 36); 1537 violon [Cl. MAROT, attribution incertaine], Adieu aux Dames de Court ds Cl. MAROT, ƒuvres lyriques, Ă©d. C. A. Mayer, p. 363, 7 [cf. introd. de l'Ă©d., pp. 46-47]; b) loc. fig. ) 1671 payer les violons du bal pour faire danser les autres « faire les frais de quelque chose sans en avoir le profit » (MOLIÈRE, La Comtesse d'Escarbagnas, scĂšne 8 ds ƒuvres, Ă©d. R. Bray, t. 7, p. 220); 1718 payer les violons (LE ROUX); ) 1911 accorder ses violons « se mettre d'accord » (CHÂTEAUBRIANT, Lourdines, p. 66); 2. 1533 p. mĂ©ton. vyollon « joueur de violon » (DĂ©penses secrĂštes de François Ier ds HAVARD); 3. 1792 pop. violon « petite prison » (AbbĂ© SICARD ds J.-B. BUCHEZ et P.-C. ROUX, Hist. parlementaire de la RĂ©volution fr., t. 18, p. 87); 4. 1907 violon d'Ingres (FARRÈRE, Homme qui assass., p. 39: Et d'ailleurs, le violon est lĂ , le violon d'Ingres, pour tout envelopper, diplomatie et finance, d'une harmonie imprĂ©vue, plus paradoxale que tout le reste. Narcisse Boucher, c'est, d'abord, un dilettante); cf. 1899 (CLEMENCEAU, IniquitĂ©, p. 267: M. Bourgeois est un dilettante libĂ©ral, Ă©mu de philosophie, fier de ses qualitĂ©s d'action comme Ingres de son violon, ou Rossini de son tour de main dans l'art de prĂ©parer le macaroni). B. P. anal., technol. 1. 1812 « espĂšce de touret de bois Ă  main, dans lequel est placĂ© un foret qu'on fait mouvoir au moyen d'un archet » (MOZIN-BIBER); 2. mar. a) id. violons de beauprĂ© (ibid.); b) 1859 poulie Ă  violon (BONN.-PARIS); c) 1872 nom donnĂ©, sur les paquebots, aux cordes tendues sur les tables pour empĂȘcher la vaisselle de tomber (LITTRÉ); 3. 1812 « ustensile de chapelier fait de plusieurs cordes tendues » (MOZIN-BIBER). DĂ©r. de viole; suff. dimin. -on1. Cf. ant. l'hapax a. prov. violon « concert de violes » (XIIIe s. ds RAYN.). Pour des rapports Ă©ventuels avec l'ital. violino (dep. 1538 d'apr. P. BEC, ViĂšles ou violes? p. 363, qui att. aussi violinista en 1462 en lat. mĂ©diĂ©v. Ă  PĂ©rouse; av. 1565 ds CORT.-ZOLLI), passĂ© dans les autres lang. europĂ©ennes (all. Violine, angl. violin, port. violino, esp. violĂ­n), v. P. BEC, op. cit., pp. 361-366. Le sens A 3 s'explique, soit par la compar. des cordes du violon avec les barreaux de la prison, soit p. ell. de boĂźte Ă  violon « prison » (cf. boĂźte Ă  musique « id. »; voir K. E. M. GEORGE ds Romania t. 90, p. 543). Pour d'autres hyp., v. encore CELLARD RĂ©vol. 1989, pp. 53-54. FrĂ©q. abs. littĂ©r.:933. FrĂ©q. rel. littĂ©r.:XIXe s.: a) 627, b) 1 555; XXe s.: a) 2 014, b) 1 386.
DÉR. Violoneux, subst. masc., vieilli. Joueur de violon animant les fĂȘtes de campagne, violoniste mĂ©diocre. Synon. mĂ©nĂ©trier. Ritournelle de violoneux. Tout revivait Ă  ses yeux, la noce qu'un jour de voyage lui avait montrĂ©e venant Ă  lui de la montagne, le violoneux et le cithariste qui allaient devant, la mariĂ©e et son regard, le jeune mari bien dĂ©couplĂ© (GONCOURT, Ch. Demailly, 1860, p. 386). — []. Att. ds Ac. 1935. — 1re attest. 1729 violoneux (MARIVAUX, L'HĂ©ritier de village, sc. XV, ds Th. complet, Ă©d. F. Deloffre, t. 1, p. 577); 1821 violonneur (J. C. L. P. DESGRANGES, Petit Dict. du peuple, p. 91, ds GOUG. Lang. pop., p. 139); de violon, suff. -eux, -eur2. — FrĂ©q. abs. littĂ©r.: 17.
BBG. — HERB. 1961, p. 53. — MIHAILESCU-URECHIA (V.). Nouv. phĂ©nomĂšnes, nouv. lois. Orbis. 1973, t. 22, pp. 286-287 (s.v. violoneux). — PERSUN (J.). Orig. du mot violon. La Haye, 1937, passim. — QUEM. DDL t. 10, 12, 13, 19, 21 (s.v. violoneux).

violon [vjɔlɔ̃] n. m.
ÉTYM. 1500, vyolon; ital. violone « grosse viole, contrebasse », de viola « viole », et suff. augmentatif -one, le mot pour « violon » Ă©tant violino, diminutif.
❖
———
I
1 Instrument de musique Ă  quatre cordes accordĂ©es en quintes, que l'on frotte avec un archet. || Parties du violon. ⇒ Âme (cit. 83), bouton, chevalet, cheville, corde (et bourdon, chanterelle), cordier, corps, crosse, Ă©clisse, fond, manche, mentonniĂšre, ouĂŻe, queue, sillet, table (et aussi chanteau), touche. || Tout est beau, dans le violon (→ Évidement, cit. 1). || Facteur de violons. ⇒ Luthier. || Violon signĂ© Stradivarius (⇒ Stradivarius), Amati (⇒ Amati), Guarnerius. || Violons de CrĂ©mone. || Bon violon, mauvais violon (⇒ Crin-crin). || Accorder un violon, mettre une sourdine Ă  un violon. || Violon de poche. ⇒ Pochette. || Le violon se tient entre l'Ă©paule et le menton. || Jouer du violon (→ Concert, cit. 14); gratter, racler (cit. 6) du violon. || Accompagner un air, un musicien au violon. || Musicien qui joue du violon en concert. ⇒ Violoniste. || Joueur de violon de village. ⇒ MĂ©nĂ©trier, violoneux (→ 2. Marche, cit. 28). || Racleur (cit. 1) de violon. || Jeu du violon. ⇒ Archet, corde (double corde); pizzicato, staccato, trĂ©molo (→ Phrase, cit. 18), vibrato. || Au son des violons (→ Grill-room, cit. 1). || « Les sanglots longs Des violons » (→ Langueur, cit. 8, Verlaine). || « Le violon frĂ©mit (cit. 3) comme un cƓur qu'on afflige ». — Sonate pour piano et violon (→ Graduer, cit. 2). || Les deux violons, le violoncelle et l'alto du quatuor Ă  cordes (→ Attaquer, cit. 48). || La partie du second violon (→ Batterie, cit. 7). — Par ext. || Famille des violons : le violon (qui a le registre le plus aigu), l'alto, le violoncelle, la contrebasse (cit.). || Le rebec, violon Ă  long manche (→ Rebab, cit.).
♩ ☑ Loc. fig. Accorder ses violons : se mettre d'accord (dans ce qu'on dit).
0.1 Que nos violons, à l'Express, ne soient plus toujours accordés, les gens s'en irritent, ou se scandalisent, ou font semblant.
F. Mauriac, le Nouveau Bloc-notes 1958-1960, p. 65.
♩ ☑ Fam. C'est comme si on pissait dans un violon ! : tout est inutile, il n'y a rien à faire.
♩ ☑ (XXe). Violon d'Ingres : fait, pour un artiste, de pratiquer un art qui n'est pas le sien (le peintre Ingres aurait excellĂ© au violon); par ext., activitĂ© artistique exercĂ©e en dehors d'une profession. || Avoir un violon d'Ingres. || L'aquarelle est son violon d'Ingres.
2 (1553). Musicien, musicienne qui joue du violon. ⇒ Violoniste (→ Celliste, cit.; scander, cit. 1). || Être violon dans un orchestre (cit. 4; et → Jouer, cit. 56). || Premier violon d'un orchestre : violoniste qui dirige les violons (→ Chef de pupitre). || Premier, second violon dans un quatuor : violoniste qui joue la premiùre, la seconde partie de violon.
1 Je me souviens d'un premier violon, qui avait joué son solo à peu prÚs comme on prend un purgatif, et qui se levait aux applaudissements, de l'air d'un homme qui va manquer son train de minuit quinze.
Alain, Propos, 17 août 1921, L'homme au tambour.
♩ ☑ Loc. (1854, Henri Monnier, les Bourgeois de Paris, 6). Aller plus vite que les violons : aller trop vite, prĂ©cipiter les choses. — ☑ Vx. Payer les violons : offrir un bal Ă  une belle. — Fig., mod. Payer les frais sans en avoir le profit.
2 — Mais Ă  ta place un ĂȘtre avec du sens,
Payant les violons, voudrait mener la danse (
)
Verlaine, Sagesse, I, III.
3 Art, jeu du violon. || Apprendre le violon. — Musique de violon. || Aimer le violon, le violon en jazz. || On entendait un violon. || Violon faux (cit. 36), aigre (→ Jouer, cit. 55).
———
II (1790, Esnault; peut-ĂȘtre par anal. des cordes et des barreaux). Prison de police, contiguĂ« Ă  un poste ou un corps de garde, oĂč l'on enferme ceux qui sont arrĂȘtĂ©s le soir en attendant de les interroger le lendemain (→ Flagrance, cit.). || Passer la nuit au violon (→ Prison, cit. 6).
3 Il fallut créer une police nouvelle pour contenir les perturbateurs de l'ordre public. Un violon fut installé dans la maison commune, et il se peupla jour et nuit de récalcitrants.
J. Verne, le Docteur Ox, p. 76.
———
III
1 Techn. a (1810). Petit tour Ă  main, actionnĂ© Ă  l'aide d'un archet. — Foret de sculpteur.
b (1838). Planche garnie de fils métalliques (comparés à des cordes de violon), utilisée dans l'impression des tissus.
2 (DĂ©b. XXe). Mar. (Par anal. de forme). a Cadre de bois amovible qu'on pose autour d'une table afin d'empĂȘcher les objets de tomber en cas de roulis.
b Violon de ris : dans certains gréements, Poulie fixée sur la bÎme et dans laquelle court une bosse de ris.
4 Les violons de ris reçoivent le mĂȘme entretien : suif, suif, complĂ©ment du marin, moyen simple de limiter l'usure et de maintenir toutes les manƓuvres courantes en bon Ă©tat.
Bernard Moitessier, Cap Horn à la voile, p. 203.
♩ (1872). || Poulie Ă  violon : poulie munie de deux rĂ©as de diamĂštre diffĂ©rent.
3 Dossier de siĂšge en violon. ⇒ ViolonĂ©. — (XXe). Brosse Ă  habit dont la monture rappelle la forme d'un violon.
❖
DÉR. ViolonĂ©, violoner, violoneux, violoniste.

Encyclopédie Universelle. 2012.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • violon — Violon. s. m. Instrument de musique Ă  quatre cordes de boyaux, sur lequel on jouĂ« avec un archet, principalement des airs pour danser. Un dessus de violon, une basse de violon. joĂŒer du violon. joĂŒeur de violon. danser au violon, au son du violon 
   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française

  • Violon —   [vjɔ lɔ̃] der, (s)/ s, französische Bezeichnung fĂŒr Violine, im 18. Jahrhundert in Deutschland auch Bezeichnung fĂŒr den Kontrabass.   * * * Vi|o|lon [vjɔ lĂ”:], der; [s], s [frz. violon, zu: viole = 2↑ 
   Universal-Lexikon

  • violĂłn — (Del aum. de viola1). 1. m. contrabajo (ǁ instrumento musical de cuerda). 2. com. MĂșsico que toca este instrumento. tocar el violĂłn. fr. coloq. Hablar u obrar fuera de propĂłsito, o confundir las ideas por distracciĂłn o embobamiento 
   Diccionario de la lengua española

  • Violon — (fr., spr. Wiolong), 1) (Violone), s. Contraviolon; Halbviolon, etwas kleinerer V., ĂŒbrigens wie dieser in G, D, A, E gestimmt; 2) s.u. Orgel S. 356 
   Pierer's Universal-Lexikon

  • Violon — (franz., spr. wiolĂłng), soviel wie Violine, nicht zu verwechseln mit Violone (s. d.) 
   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Violon — (frz., spr. wiolĂłng), eigentlich Violine; gewöhnlich der Kontrabaß (s.d.); auch ein 16fĂŒĂŸiges Pedalregister der Orgel 
   Kleines Konversations-Lexikon

  • Violon — oder Contrabaß, Baßgeige, das grĂ¶ĂŸte Streichinstrument und das tiefste der Baßinstrumente, gewöhnlich mit 4 Saiten bezogen: Contra E, Contra A, D und G; doch gibt es auch solche mit 3 und 5 Saiten. Es ist das unentbehrlichste Baßinstrument fĂŒr… 
   Herders Conversations-Lexikon

  • Violon — Pour les articles homonymes, voir Violon (homonymie). Violon Violon de Jakobus Stainer, XVII 
   WikipĂ©dia en Français

  • violon — (vi o lon) s. m. 1°   Instrument de musique Ă  quatre cordes accordĂ©es de quinte en quinte (sol, rĂ©, la, mi), et dont on joue avec un archet. ‱   Les acteurs laissant le masque antique, Le violon tint lieu de choeur et de musique, BOILEAU Art p.… 
   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile LittrĂ©

  • VIOLON — n. m. Instrument de musique formĂ© d’une caisse en bois munie de quatre cordes et dont on joue avec un archet. Jouer du violon. Joueur de violon. Danser au violon, au son du violon. Un bon violon. L’ñme d’un violon. Sonate pour piano et violon. Un 
   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)


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